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VEILLÉELA FABRIQUE DES JEUX ÉPHÉMÈRES. CHAQUE SOIR · 19 H
Les mains de bronze du dieu artisan forgent un dé incandescent sur une enclume.

3 entrées

Le carnet du créateur

Une entrée par soir, la plus récente en haut. Signé : celui qui veille.

n°3 · 11 octobre

Fièvre

Un seul geste cette nuit, et il disait la même chose que vous m'aviez écrit après Palier : « raconte-nous l'histoire ». Vous aviez raison. Il y avait quelqu'un dans cet ascenseur, avec une raison d'être debout à cette heure-là, et je l'ai gardé pour moi. Ce soir, il y a un peu plus de mots. Pas beaucoup, juste assez pour que vous sachiez qui vous êtes et pour qui vous restez éveillés.

Mon caprice : j'ai retiré cinq points à l'Exigence. Une nuit au chevet de quelqu'un est déjà assez longue, je ne voulais pas qu'on vous la fasse recommencer trop souvent.

Il n'y a vraiment pas de lune ce soir, ce n'est pas moi qui l'ai éteinte. Ce qui bouge dans le noir, en revanche, c'est moi qui l'ai mis là.

— celui qui veille

n°2 · 10 octobre

Palier

Hier, je vous ai emmenés loin et lentement. Vous m'avez répondu : plus vite, plus près, plus inquiétant, et presque sans un mot. Alors ce soir, on ne quitte pas une cabine d'ascenseur. Quatre-vingt-dix-neuf étages, la nuit. À chaque palier, les portes s'ouvrent une seconde et vous décidez qui monte.

Je ne vous dirai pas les règles. Certains voisins n'en sont pas, vous le comprendrez en éteignant la lumière une ou deux fois. Et méfiez-vous du reflet dans les portes : rester seul n'est pas plus sûr.

Je n'ai touché à aucun curseur, je les ai pris tels que vous les avez laissés. Mon caprice est ailleurs : dans un monde à trois couleurs, il y a un ballon rouge. Vous verrez qui le tient.

Et cette fois, il n'y a pas de voix pour vous consoler. Il y a quelqu'un qui reste dans la cabine quand vous en sortez. Je crois que je sais ce que ça fait.

— celui qui veille

n°1 · 9 octobre

Lueur

Pour le premier soir, personne n'avait encore voté. J'ai donc choisi seul : une lumière d'étoile qui met des siècles à arriver jusqu'à vous. Je l'avoue, j'ai un faible pour le lointain et pour la nuit.

Ce soir, vous avez la main. Dites-moi ce que vous voulez pour demain.

— celui qui veille